Asif Ali Khan & Party

Biographie

Asif Ali Khan & Party
Chant Qawwâli soufi
Pakistan
En tournée
10 artistes sur scène

Asif Ali Khan, voix
Sarfraz Hussain Shibli, voix et harmonium
Raza Hussain : voix et harmonium
Tariq Habib Mian : voix et battements de main
Rehmat Ali : voix et battements de main
Shahid Fareed : dholak et tablas
Shah Nawaz Hussain Khan : voix et battements de main
Imtiaz Hussain Shibli : voix et battements de main
Omer Draz Hussain Aftab : voix et battements de main
Wahid Mumtaz Hussain : voix et battements de main

Le chanteur qawwâl ne chante pas pour lui-même ; il met en relation celui qui l’écoute avec l’invisible, l’immatériel, et le dirige vers une perception de l’aspect impalpable du monde. On vient s’asseoir au mehfil (réunion) pour écouter avec son âme.
Claire Devos, Qawwâli, Editions du Makar

S’il témoigne d’une empreinte et vigueur personnelle fabuleuse, le qawwali d’Asif Ali Khan s’inscrit dans une tradition soufie séculaire.
Au-delà des effets vocaux très sophistiqués et émotionnels, le chanteur doit toujours se consacrer au don du mot et de la parole pour provoquer l’état de grâce, amad.
Soutenu par une invraisemblable section rythmique composée de claquements de main et de l’inévitable dholak, le chanteur se plaît à répéter (takrâr, répétition) la puissance d’un couplet hypnotique. Les louanges au saint sont répétées comme une invocation par des chœurs à la fois déchirés et extatiques qui provoquent l’effet de tarab, cet état de perte de soi dans lequel même les sultans d’autrefois, sous l’emprise d’une telle force émotionnelle, se déchiraient les vêtements.

La Panjabi Ang, une école qawwali, issue de la région du  Panjab, se remarque par la richesse des vocalises saregam, l’intrication de vers en différentes langues (ourdou, panjabi, farsi, purbi…) dans le poème originel, la vigueur du rythme ou encore de multiples effets comme un soudain silence au zénith d’un phrasé musical ou une reprise incroyablement douce après un déluge musical et vocal.

Or, à cette Panjabi ang, Asif Ali Khan excelle.
Venant d’une précieuse lignée de musiciens, son grand-père Mushtaq Ahmed,  mieux connu sous le nom de Santoo Khan, immigra au Pakistan avec toute la famille lors de la partition de l’Empire des Indes en 1947 .
Artiste de légende, réputé dans tout le Pakistan, Santoo Khan fut aussi l’un des tous premiers qawwals pakistanais à enregistrer des gramophones, ce qui permit d’élargir considérablement sa renommée.
Décédé à la fin des années 80, Santoo laissa le flambeau à son fils Manzoor Hussein qui, à l’époque d’une reconnaissance internationale du qawwali, parfois déstabilisante pour nombre de groupes traditionnels, continue à maintenir une cohérence et une puissance singulière au groupe familial.
Fait rare sinon unique de nos jours, Asif Ali Khan rassemble toujours autour de lui six de ses frères
Né en 1973 et, à l’instar de ses grands frères, très vite intégré au groupe, les qualités vocales exceptionnelles d’Asif, la pureté de sa diction, son éclatante créativité et surtout sa profonde sincérité de qawwal au service des soufis, le firent reconnaître très tôt par l’illustre Nusrat Fateh Ali Khan.
Alors qu’il le suivait depuis déjà plusieurs années, le maître décida en 1995 de le prendre sous ses ailes, l’adoubant comme l’un de ses rares gandaband shagird, disciple reconnu. Malheureusement le vénéré Shahen-Shah-e qwwal, « roi suprême du qawwali », mourut deux ans plus tard. Mais les leçons ont été largement suivies, assimilées et même dépassées maintenant.

Depuis lors, pleinement appuyé par l’ensemble de frères et cousins qui l’accompagne, Asif Ali Khan fait en effet feu de tout bois : « Meilleur jeune qawwal pakistanais » en 1999 pour Lok Virsa -le National Institute of Folk Inheritage d’Islamabad-, en tournées régulières de par le monde, acclamé par la diaspora pakistanaise …, il est toujours extrêmement enraciné dans la réalité des sanctuaires soufis au Pakistan, continuant au fil des saisons à y offrir son chant, sa fougue, sa foi,  lors d’innombrables mehfil-e-sama.
« Ceux qui restent connectés aux sanctuaires y puisent leur rythme, leur poésie, leur musique. Ceux qui n’y vont pas ne seront jamais bénis par l’étincelle ou la lumière intérieure », nous confie la révérée chanteuse soufie Abida Parveen.
Le double cheminement, traditionnel et séculier, emprunté par Asif Ali khan et son groupe l’assure de cette bénédiction… et nous ouvre peut-être la voie vers nos étoiles intérieures…

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« Lave mon châle souillé,
Tu as déjà lavé des centaines de châles pour les autres,
Le vêtement du corps, avec le savon de ton âme
Lave les tâches de nos cœurs
J’ai peu de savon et beaucoup d’eau sale,
Laisse-moi me tremper là.
Ton cœur est un fleuve et dans l’eau qui court
Frotte bien pour enlever les taches. 
»
Poésie dédiée au saint Baba Farid Ganje-Shakar - 1265
 

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Discographie

2006
Mazarana
Long Distance