Ensemble Sentimento Gipsy Paganini
Biographie
Gyuszia Horváth, direction musicale, violon
József Vidak, violon
Zoltan Lakatos, bratsch
Flórián Horváth, cymbalum
Károly Ökrös, accordéon
Karoly Ökrös, clarinette
Lajos Horváth, contrebasse
Gyuszia Horváth, violoniste hors pair, appartient à la grande dynastie des musiciens romungro : les Horváth. Ces musiciens interprètent un répertoire qui oscille entre musique traditionnelle pour danse, opérettes et musique classique.
Le répertoire de danse comprend les csárdás (de tcharda, « auberge »), nées au XIXe siècle et s’imposant comme des musiques de « danses d’auberge ». Selon un déroulement classique, elles se composent d’une introduction lente – lassú –, puis d’une partie rythmée – friss ou friška. Il existe aussi des csárdás propres à différents instruments telle la klárinét csárdás. Les csárdás sont inspirées de la palotás, autre danse noble très courante au début du XIXe siècle. Cette dernière influencera notamment Liszt dans l’écriture de ses Rhapsodies hongroises.
À la fin du XVIIIe siècle et jusqu’au début du XIXe, le verbunkós (au pluriel verbounkóche, de Werbung, « recrutement » en allemand) représentait ces danses masculines improvisées destinées originellement à enrôler de jeunes paysans afin de gonfler les rangs de l’armée en lutte contre l’Empire austro-hongrois. Les hussards dansaient ainsi le verbunkós de ville en ville, accompagnés d’un ou deux violons, d’un cymbalum, d’instruments à vent tels que la clarinette ou la cornemuse (gajda) et étourdissaient de musique et de vin les jeunes proscrits…
De cette pratique, les Tsiganes firent un style musical à part entière. Cette danse se répandit au sein de la population pour devenir une sorte de danse nationale. D’ailleurs, au début du XVIIIe siècle, on la qualifiait tout simplement de magyar, soit « hongroise ».
Alain Weber
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Csárdá veut dire, en hongrois, « auberge ». Et la csárdás est une danse hongroise apparue vers 1830, qui connut une grande vogue dans les salons, au point de devenir une sorte de symbole national, notamment chez Liszt. Elle était jouée essentiellement par des musiciens tsiganes, qui devinrent ainsi les ambassadeurs virtuoses de ce que beaucoup considéraient comme la musique « hongroise » par excellence.?De fait, l’histoire de la musique hongroise présente une situation singulière : au xviiie siècle, ce sont les Tsiganes qui sont les interprètes privilégiés du verbunkós, cette « musique de recrutement » (de l’allemand Werbung) pour les armées des Habsbourg. D’où l’idée, défendue par Liszt et combattue par Bartók, que la musique nationale hongroise serait celle des Tsiganes.?Bartók, qui était en quête d’authenticité et de pureté, n’avait guère de considération pour ces formes qui, comme la csárdás, ont évolué à partir du verbunkos pour finir par incarner le caractère musical magyar. Il écrivait : « la musique que, aujourd’hui, les orchestres tsiganes urbains jouent pour de l’argent, n’est rien d’autre que des compositions hongroises récentes d’allure populaire… C’est-à-dire qu’elles jouent le même rôle que, dans les pays d’Europe occidentale, les rengaines, les tubes d’opérette… » (Musique tsigane ? Musique hongroise ?)?Il est indéniable qu'avec son alternance caractéristique de mouvements lents (lassú) et rapides (friss), ce répertoire s’est constitué à partir d’emprunts à des chansons pseudo-populaires écrites par des aristocrates hongrois en mal de folklore.?Mais, comme le disait justement Liszt dans Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie, il s’est établi au fil des siècles, entre cette musique hongroise et ses interprètes tsiganes, « une identification si entière, l’un a si bien été pénétré par le génie de l’autre, et l’a si bien électrisé à son tour par sa lucide divination, qu’ils ont part égale dans l’honneur, la gloire et le mérite d’avoir amené cet art, l’un par l’autre et l’un avec l’autre, à son plus haut degré et à sa plus belle expression ».?Cet art, c’est exemplairement celui des violonistes tsiganes, ces Gipsy Paganinis ou ces primás qui, accompagnés par leur ensemble, ont le talent inouï, comme l’écrivait Liszt, « de s’assimiler promptement et de transformer des éléments qu’on eût dit leur être étrangers ».
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