Nuit Soufie

Biographie

Nuit Soufie
Grande Nuit Soufie 2011 en collaboration avec la la Cité de la Musique
Maroc / Inde / Java
Disponible sur demande
28 artistes sur scène

OCTOBRE 2011 - 3 formations musicales


Ensemble Hajis Marawis
chants et musique soufis de Cirebon – Java – Indonésie


Les Fakirs de Gorbhanga
les poètes « fous » du Bengale - Inde


Marouane Hajji
Magie du chant Samâa du Maroc


Programme d’une durée de 03h00

Conçue comme un voyage en forme de triptyque, cette nuit soufie transportera les auditeurs aux confins des chants soufis du Maroc, de l’Inde et de l’Indonésie, tantôt débridés et « fous » comme leurs interprètes, tantôt teintés de la rigueur et de l’ascétisme du chant religieux, faisant se rejoindre poésie antique, héritage d’un temps révolu, et voix d’inspiration contemporaine.

Dis-moi le fou,
Que cherches-tu sur les chemins du monde ?
Regarde dans ta chambre et tu y trouveras le joyau.
Pourquoi chercher en vain à Delhi, à Lahore,
Obsédé par le Maître invisible et sans forme
Qui a la forme du Soi ?
Le même jeu cosmique se joue dans le corps humain,
Comme la lune se cache derrière les nuages.
Se connaître soi-même, c'est cela prier.
Celui qui connaît l'Invisible, dit Lalan,
Il sait où aller.

Lalan Fakir
 


LA GRANDE NUIT SOUFIE - OCTOBRE 2011

1ère partie

Ensemble SYUBBANUL AKHYAR - Hajis Marawis
Musique et chants soufis d'Indonésie
45 mn

L’Islam en Indonésie

C’est par les voies commerciales que l’Islam pénètrera en Indonésie, par l’intermédiaire de marchands musulmans persans et arabes commerçant avec l'Indonésie et la Chine depuis des siècles.
La diffusion de l’Islam, autour du XIII° siècle,  se fera à partir de Sumatra vers la péninsule malaise et la  cité État de Malacca ainsi que par la côte nord de Java, avant de se prolonger vers les iles Moluques.
Pour contrecarrer  en autre la menace que représentait l'expansionnisme portugais, l’Islam favorisera l'émergence d'une conscience commune chez les premiers souverains musulmans de l’archipel indonésien. Dans le nord de Sumatra se développeront au XIII° siècle un grand nombre de petits royaumes musulmans  portuaires tels Perlak et les deux royaumes de Samudra et Pasai alors que Cirebon, ville portuaire de Java qui abrite le mausolée de l’un des grands maîtres musulman de cette île,  Syarif Hidayatullah dit Suran Gunung Jati,  fut dés les XV et XVI° siècles, par sa situation géographique, l’un des grands centres et royaumes musulmans de l’ouest de Java.
 Les premiers siècles d’islamisation dans le sud-est asiatique coïncident avec l’apogée d’un soufisme médiéval qui verra naître autour des  XII° siècle et XII° siècles, l’épanouissement des confréries  soufies « tarîqat ».
 Influencé par les grands maîtres et penseurs d’une mystique musulmane féconde à cette époque, l’enseignement  soufi tasawwuf   diffusera un certain nombre de valeurs mystiques, masculines  et chevaleresques (futuwah), notamment au sein de corporations de métiers, qui seront se fondre habilement dans une multitude de croyances locales.
Abu Hamid al-Ghazali, Ibn al-`Arabi, `Abd al-Qadir al-Jilani, qui créera lui-même sa propre confrérie comme`Abd al-Qahir al-Suhrawardi, Najmuddin al-Kubra, le fondateur de l’ordre Kubrawiyya, l’une des figures centrales du soufisme en Asie centrale,  Abu'l-Hasan al-Shadhili, fondateur de la  Shadhiliyya, Ahmad al Rifaï et sa confrérie  Rifa`iyya,  Baha'uddin Naqshband et sa confrérie Naqshbandiyya, pour ne citer qu’eux, vont colporter, aussi bien en Asie que sur le continent indien, une forme d’approche mystique, dont l’influence se fait toujours sentir aujourd’hui à travers un vaste héritage poétique traditionnel, la  pratiques rituelle du dhikr ou du hadra ainsi que celle de l’inshad sufiya (le chant soufi), ceci malgré  l’attrait d’un nouveau matérialisme occidental et la pression de l’orthodoxie musulmane.
 Cette culture d’un islam populaire imprégnée du culte des saints (wilâya) et de l’idée de la perfection (insân kâmil), se trouve au croisement  du soufisme et d’un sentiment épique hérité des anciennes traditions religieuses de cette partie de l'Asie : bouddhisme, mazdéisme, hindouisme.
Son assise géographique et historique  se constitue, de l’Afrique à l’Asie, à travers  un réseau de villes saintes  et de ces  grands mausolées  (dargah, koubba) ou s’exprime le culte du héros  spirituel (wali) entouré d’un aura magique et surnaturel.

Le chant et la musique Hajjir Marawis

En Indonésie, les commercants arabes yéménites de la vallée de l’Hadramat furent parmi les premiers à diffuser un soufisme populaire. Aujourd’hui encore, ils vivent dans les quartiers arabes (kampung Arab) formant une communauté à part.
Le style musical Hajir Marawis, héritage de la culture yéménite soufie, se réfère à un ensemble de percusssions hajir (tambour  à double membrane) et  marawis.( petits tambourins ).
Nanang Kurnia Wahab et Ahmad Munawir, jeunes chanteurs spécialisés dans l'inshad suffiya  ont initié l’ensemble Syubbanul Akhyar auquel ils ont rajouté le oud et le luth yéménite gambus.
 

Extrait vidéo 1

Extrait vidéo 2

2ème partie

Les Fakirs de Gorbhanga - Bengale, Inde du Nord
Chants de l’Homme libre
45 mn

Ménestrel itinérant, chanteur mystique, mendiant philosophe, individu viscéralement libre et humaniste… Qu’il soit né hindou ou musulman, Baul ou Fakir, celui qui cherche l’absolu explore, loin des orthodoxies religieuses, des observances rituelles et des règles de la société villageoise.
Baul tirerait son origine du sanscrit vatula : au sens propre, « éventé » ; au sens figuré, « fou ». Ainsi proclamé, le poète fait de « la pratique du corps » son sacerdoce, car « Tout est dans le corps », selon Lalan Fakir. Et si l’homme est la mesure du sacré, pourquoi chercher l’objet du désir ailleurs qu’en soi-même ? C’est « ce Maître invisible et sans forme» que recherchent au présent, inlassablement, le Baul et le Fakir.
Sous l’akhra (ou ashram), hutte circulaire et ouverte sur la nature, à la tombée de la nuit, les Fakirs du village de Gorbhanga s’accompagnent tour à tour à la dotara (luth à cinq cordes et à tête d’oiseau), à l’harmonium, aux jhuri (petites cymbales), au dholok (tambour) ou au tabla. Bien que membres d’une même fratrie ou cousins, ils s’inscrivent dans la lignée initiatique de leur guru.
Deux répertoires animent ces séances : le Baul-Fakir gaan, chants dévotionnels traversés par les influences de la bakti et du soufisme et faisant la part belle aux poésies du célèbre Lalan Fakir (1774-1890) ; et le bangla qawwâli -proche du qawwâli pakistanais, genre récemment ressuscité, attribué au guru Gaus-ul-Azam (1826-1906) de la Tarika-e-Maizbhandari, dans l’actuel Bangladesh.

Avec la collaboration de Banglanatak dot com, West Bengal
Edith Nicol, conseil artistique et texte

Voir la vidéo d'Aarman Fakir

3ème partie

Marouane Hajji, magie du chant Samâa du Maroc
45 mn

Il a été dit « Si l’Orient est la terre des prophètes, l’Occident (Maghreb) est la terre des saints (Awliya) ».
Le soufisme marocain, existait dès les premiers siècles de l’hégire au Maroc. Son influence s’est prolongée à l’Est, jusqu’en Egypte, au Nord en Andalousie musulmane et au Sud, au Sahara et dans les pays de l’Afrique de l’Ouest.
Les chorfas (liés à la famille du Prophète)  Skalli de Fès sont les descendants du vénéré saint Moulay Ahmed Skalli. La zaouïa Moulay Ahmed Skalli a été fondée au XVII° siècle. C’est aujourd’hui encore un lieu où l’on pratique d’une façon régulière le dhikr et le samaâ.?
Moulay Ahmed Skalli (1700-1763) exerçait la profession de vendeur de parfum au quartier Attarine où il s’adonnait dans sa boutique à une lecture initiatique.  A sa mort, ses disciples ont acheté une maison et l’y ont enterré. Devenue zaouïa à cause du sanctuaire, elle est toujours fréquentée et on y pratique encore les invocations en commun (wadifa) une fois par semaine généralement le jeudi soir et tout récemment le vendredi.
Les invocations (dikhr) et le chant  (sama’) suivant un rythme étudié  menant à la danse extatique (jadbah), sous le contrôle un moqqadem ou une autre personne de l’assistance qui se met au milieu du cercle des disciples.
Le Samâa de Fès a su traverser les siècles en s'enrichissant par l'arrivée des Arabes d'Espagne après la chute de Grenade en 1492.
Marouane Hajji (né à Fès, en 1987) prolonge  directement cet héritage que, déjà très jeune, il sait façonner vocalement à sa guise favorisant la quête de cette  extase tant sollicitée dans ce répertoire sacré.
Marouane est issu d'une famille soufie et c’est grâce à l’enseignement du Cheikh Haj Mohammed Bennis,  qu’il connaît aujourd’hui aussi bien  les chants de ces confréries dont on attend souvent le soir, les voix se perdent au fil des ruelles de la plus grande médina du monde oriental et maghrébin.


Extrait vidéo
[ concert de Marouane Hajii ]

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LA GRANDE NUIT SOUFIE - ÉDITION 2008

"Le Soufisme reste encore le refuge de la grande poésie arabe ou persane, une poésie tournée vers la transcendance, l’extase, la souffrance ou la sérénité. Cette nuit soufie, voyage initiatique au coeur des montagnes du Rif marocain et du Badakhchan, en passant par la vallée du Nil, les plaines du Pakistan et la grande ville de Damas, se veut avant tout un homage au verbe des grands poetes mystiques, de Jalal al-Din Rumi à Umar ibn al-Farid.

Ensemble Akhawate el Fane assil
Hadra Chefchaounia – Royaume du Maroc

Elle révèlera également la pratique féminine dans le hadra (la cérémonie soufie), exercé depuis le 16ième siècle par les femmes de Chefchaouen, rattachées à la zawiya (confrérie) de la sainte Cherifa Lalla Hiba Bekkalia, située dans le village de Douar. Illustré par la présence de l’ensemble Akhawate el Fane assil, le répertoire féminin religieux, trop ignoré, est pourtant un élément important des traditions du Maghreb. Les femmes du Nord Marocain de Tetouan ou de Larache aiment louer les saints locaux lors de ces fêtes religieuses ou les voix antiques résonnent autour des mausolées.

Aqnazar Alavatov – Badakhchan
Chants inspirés par la poésie de Jalal Al-Din Rumi

Le Badakhchan est une région autonome située au coeur du Tadjikistan, dans la partie ouest du Pamir, limitée par l’Afghanistan et la Chine. Dans cette région ou les pics montagneux ont peu à envier à leur voisins himalayens, les musiques dévotionnelles et les chants mystiques se sont épanouis depuis longtemps parmi les peuplades montagnardes du Pamir, reliées à la branche ismaélienne de l’islam. Le poête Aknazar est surtout connu pour chanter les poemes de Jalal al-din Rumi, le plus grand poete mystique de langue persane. Né à Balkh dans le Khorossan, en 1207, ce dernier mourut dans la ville mythique de Konya en Anatolie, en 1273. C’est dans cette ville qu’il fonda la Tariqa (confrérie) des Mawlawiyya (en turc : Mevlevi) bien connue en occident en raison des derviches tourneurs.

Ensemble Nour Al-Din Khourchid et les derviches tourneurs de la grande mosquée de Damas – Syrie

Dans la confrérie mawlawiyya syrienne, le tournoiement des robes soufies semble dessiner une figure géométrique qui évoque la calligraphie, seule expression plastique de l’art islamique. Ainsi le calame (pinceau) du calligraphe Salah al-Moussawy, accompagné de la voix profonde et celeste du chanteur damasquin Nour al-Din Khoarshid, mettra en valeur pendant ce concert la beauté graphique de l’alphabet arabe à travers lequel se matérialise le verbe poétique."

Sheikh Taha – Egypte
Cérémonie dhikr et poésies chantées d’ Umar Ibn Al-Farid.

Massoumeh - Pakistan

Textes d'Alain Weber