Sheikh Ahmad Al Tuni

Biographie

Sheikh Ahmad Al Tuni
Le Sultan des Munshidîn de Haute-Egypte
Égypte
Disponible sur demande
5 artistes sur scène

Entre poésie soufie ancienne et expressions populaires dites dans l’argot “sa’îdi (de Haute-Egypte), le munshid, de village en village, chante l’Inshâd (le chant religieux) et dirige à sa manière le dhikr ou le hadra, le rituel soufi qui, en Egypte, est ouvert à tous et à toutes.

Ahmad al-Tûni est originaire du village de Hawatka près d’Assiout. A 70 ans, il est un des plus grands munshids d’Egypte avec Sheikh Yasîn al-Tuhâmi et Sheikh Ahmad Barrayn .

Lors de nuits soufies étoilées, Ahmad al-Tûni fascine un public qui lui voue une admiration sans bornes. Il faut avoir goûté au tumulte de l’une de ses soirées (layâli) pour comprendre l’impact de ce chanteur.

Sur la place du village, une scène rudimentaire a été dressée, quelques bancs de bois accolés ou superposés, des guirlandes d’ampoules électriques en guise d’éclairage, une sono anarchique seront le centre de ce déferlement extatique.

Le hadra public est ouvert, créatif, improvisé et peut être aussi “chaotique” que nos grandes messes rock. Nous voici à l’opposé des rites fermés de la confrérie soufie (tariqa hadra), eux, plus rigides et organisés : le hadra public partage spontanément la joie divine avec tous et toutes.

Grâce à des effets vocaux constants, un enchaînement intelligent des thèmes poétiques et séquences rythmiques (qafla-s), des effets de scènes un peu cabotins, Ahmad al-Tûni jubile. Le visage irradié, il fait tourner ces têtes et ces corps à la recherche de transes multiples. La voix qui s’est dépensée à provoquer l’extase lors de milliers de soirées est à la fois limpide et erraillée.

Ahmad al-Tûni chante l’inshad dini (le chant religieux islamique). Ce chant comprend quatre genres différents: l’ibtihalat (une supplication chantée uniquement par le soliste), le tawashih diniyya (poésie religieuse basée sur un échange mélodique entre le soliste et le choeur), les qisas diniyya (histoires religieuses chantées et narrées) et surtout l’ inshad sufi contenant les thèmes de la mystique islamique.

Musicalement, le chant religieux d’aujourd’hui est en général, comme le fait remarque Michael Friskoff ( Sheikh Yasin CD long-distance) une réminiscence de la musique arabe urbaine d’avant les années 30. Un petit ensemble hétérogène (takht) permet à chaque musicien de maintenir sa propre individualité avec une souplesse qui favorise des modulations savoureuses, voguant avec aisance d’un mode à un autre.

Ainsi, peu à peu, le munshid a étoffé son ensemble. Aux cotés d’instruments originellement liés à ce chant comme le dûff, le naqrazân (percussion-timbale en cuivre frappée par des baguettes), le reqq (petit tambourin à cymbalettes) ou le qawwâl (la flûte), des instruments comme la tabla égyptienne, le kamanga (violon oriental), l’oud ou même parfois le qanun ont fait une apparition timide.

Vieux roturier de la poésie, Ahmad al-Tûni déclame aussi bien les textes des anciens que des poésies populaires. Son seul but est de développer la puissance émotionnelle et esthétique du tarab: un sentiment, de nos jours, si rare dans la musique arabe.

Alain Weber

Promotion Artiste

Demo Video

Discographie

2005
Musiques du Monde au Festival de Fès des musiques Sacrées [DVD]
Mondomix média/ LGM / Harmonia Mundi
2000
Sultan Of All Munshidin
Longdistance