Urbain Philéas

Biographie

Urbain Philéas
Tradition du Maloya
La Réunion
Disponible sur demande
8 artistes sur scène

Urbain Philéas, voix
Judicaël Philéas, Béatrice Philéas, Marie-Claude Philéas, voix, danse
Fabrice Lambert, voix, kayamb
Jules Benard, voix, roulèr
Luciano Alcimédon, voix, sati
David Doris, voix, congas
Sabrina Philéas, Dayana Philéas, danse

Urbain Philéas, comme la plupart des membres de la famille Lélé, évolue sur scène depuis l’âge de 7 ans. Avec son père, Granmoun Lélé, il s’est produit lors d’innombrables concerts, à La Réunion et dans l’Océan Indien, en France métropolitaine, en Europe (Norvège, Danemark, Allemagne…) ainsi qu’au Japon, au Brésil (occasion de fructueux échanges avec Gilberto Gil et Carlinhos Brown), au Canada et aux Etats-Unis. Danseur, chanteur, puis roulèr attitré de Granmoun Lélé, Urbain Philéas a créé sa propre formation il y a 10 ans. Avec 7 autres membres de la famille - du clan - Lélé (sœurs, neveux et cousins), il donne à voir et à entendre un maloya résolument ancré dans la tradition, au son intact et à l’énergie magnifiquement communicative, et à la fois actuel et original (toutes les compositions sont d’Urbain). Arrangements, voix et chorégraphie font des prestations d’Urbain Philéas de vibrantes rencontres avec une musique qui parle au cœur comme au corps. Urbain puise dans la pratique du rite malgache une profonde compréhension de l’autre. Il en tire une énergie et une générosité palpables.

Trois enregistrements ont ponctué l’évolution de la formation, notamment marquée par le décès du père et celui de la mère. Le dernier album, Rano Manogoabé (2008), est celui de la maturité. Le moment est également venu pour Urbain Philéas et les siens de reprendre la route et de faire entendre leur maloya au-delà de La Réunion. Le premier concert de la formation hors de La Réunion a été donné en avril 2010 dans le prestigieux auditorium de la Cité de la Musique, à Paris. Ceux qui y étaient s’en souviennent…

Maloya de La Réunion
Selon la tradition orale à La Réunion, maloya désigne un chant de souffrance, né et pratiqué par les Réunionnais dans le système servile. Ces esclaves chantaient la douleur de la déportation et la dureté des travaux dans les camps. Blues et musique de résistance. Au fil du temps, le genre maloya a pris deux formes : concert, et rituel sacré appelé kabar ou servis kabaré. Ce dernier consiste à rendre un culte aux défunts ancestralisés. De cette manière, ces ancêtres prennent possession des vivants durant les rituels. Actuellement, le maloya porte tout un emblème : chant des ancêtres fondateurs, chant de résistance et combat pour la liberté ; donc un symbole fort de l’identité réunionnaise. L’île possède quelques grands noms et repères du maloya, dont la famille Lélé, qui fait partie des plus illustres voix que les Réunionnais appellent zarboutan de nout kilitir ou piliers de notre culture.Cette musique est aussi un appel à la danse, rythmé par le hochet kayamb, la basse puissante du tambour roulèr et la frappe vive et nette du sati…Urbain Philéas et la famille LéléGranmoun Lélé, ou Julien Philéas de son vrai nom, est décédé en 2004. Ouvrier, il était surtout connu comme chanteur de maloya. Sa musique a été souvent qualifiée de maloya spirituel : il a d’abord évolué dans le milieu rituel avant de se faire un nom dans le maloya type concert. La voix, tout comme la musique, est une question d’héritage dans la famille Lélé. Héritage des ancêtres indiens et malgaches. Urbain Philéas et son groupe donnent à voir et à entendre deux aspects du maloya : le maloya  traditionnel puis une nouvelle forme, un maloya coloré (selon le terme d’Urbain Philéas). Cette nouvelle expression est caractérisée par trois éléments :1. La polyphonie. En effet, le maloya dit traditionnel est souvent exécuté entre l’unisson et l’hétérophonie.2. La forme. Il ne s’agit pas forcément de la forme répétitive et responsoriale entre un soliste et un chœur. Ici, la musique raconte des histoires, et la musique même est segmentée selon les différentes parties de l’histoire.3. La chorégraphie. Les danses empruntent ici au hip hop comme aux danses traditionnelles malgaches.Toutefois, la force de la voix de Granmoun Lélé trouve toujours une continuité à travers les concerts de ses descendants. Avant d’être jouées sur scène, ces musiques ont été éprouvées dans les rituels kabar. Il s’agit donc ici de voix habitées par cette relation aux ancêtres. Dans cette famille, on explique aussi que la voix puissante appuyée par les rythmiques du tambour amène le public jusqu’à un certain débordement émotionnel.

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